PIPI : les bonnes pratiques

Ca n’est même pas une question, voyons … tout le monde sait faire ça !

Eh bien non !

Le bébé nous montre bien sa satisfaction quand il fait pipi dans sa couche, il est heureux de l’acte accompli ! C’est après que ça se gâte…

Cette satisfaction fait partie du bon pipi, car il y a pipi et pipi. Celui que l’on fait assis pointu sur le bord de la cuvette, pressé d’en finir et d’être ailleurs. Celui qui nous met la larme à l’œil de bonheur quand on a longtemps attendu…et qu’enfin on se soulage !

Chez les femmes et chez les hommes, vider sa vessie est un acte de relaxation. Il y a des qualités du jet urinaire : facile, rapide, efficace, complet, non douloureux, confortable, bienfaisant.

Comment ça doit être :

Côté dames

Il s’agit d’abord de bien s’installer, ASSISE, jamais debout ou à moitié assise, les cuisses posées sur la lunette, les pieds ancrés au sol, dans une position assise « relaxée », le pantalon (ou les collants) et la culotte bien descendues (on ne s’assoit pas sur la ceinture du pantalon, très inconfortable, et très risquée pour les vêtements).

Cette position réalise un « axe idéal » d’alignement des organes pour que la vidange se fasse correctement et complètement.

Les genoux sont et restent écartés au moins de la distance des épaules, jamais l’un contre l’autre, encore moins genoux collés pieds écartés.

Le buste est penché vers l’avant, au besoin les avants bras sur les cuisses.

Puis on se détend, et on laisse venir le jet cristallin, on profite du soulagement…

Surtout on ne pousse pas et on laisse la vessie faire tranquillement son travail, car elle sait ce qu’elle contient, jusqu’à la dernière goutte.

Puis on s’essuie toujours de l’avant vers l’arrière, jamais l’inverse, pour éviter le transfert de germes de l’arrière vers l’avant.

Quelques précisions supplémentaires : le port du string est très agressif pour nos tissus délicats, l’essuyage avec des lingettes n’est pas recommandé, ces produits sont bourrés d’anti odeurs, parfums, conservateurs, allergisants et autres perturbateurs endocriniens.

Chez vous, l’installation d’une petite douchette proche de la cuvette permettrait un léger rinçage inoffensif. C’est facile et pas cher, pensez-y !

A l’extérieur, une mini bouteille d’eau dans votre sac peut faire l’affaire aussi…

 

Côté messieurs

C’est plus simple, jusqu’à un certain point !

Tant qu’on peut faire des concours de jet, long, dru, tonique, puissant, tout va bien.

Quand la prostate commence à prendre de l’embonpoint, c’est moins flambant ! Le jet devient moins fier, plus décontracté, il prend des chemins de traverse, quelques gouttes arrêtent leur chemin au bord de la cuvette…D’autres flemmardes attendent tranquillement l’arrivée du pantalon …

Alors là, Messieurs, il est temps de prendre les grands moyens : il faut S’ASSEOIR !

La relaxation est toujours de mise, pantalon bien baissé, prendre son temps aussi, vider jusqu’à la dernière goutte, patienter, ne pas pousser, s’essuyer.

 

Et si pour moi ça n’est pas comme ça ?

L’inconfort pipi c’est juste l’inverse du pipi heureux : c’est long, ça traine, je pousse, ça brûle, ça fait mal, c’est laborieux, je pense que je ne vide pas, j’y reviens dix minutes après… j’ai des gouttes dès que je me remets debout, j’ai souvent des infections urinaires.

Côté Madame

Si vous n’êtes pas concernée par : ne pas s’asseoir, pousser, s’en aller le plus vite possible, décrits plus haut dans « Les bonnes pratiques », ou que vous avez corrigé tout cela, et que vous êtes gênée, c’est qu’il y a un vrai problème, qui s’appelle une DYSURIE.

De petits moyens et des conseils peuvent vous aider.

Mis à part les défauts de « comportement » ci-dessus, qu’est ce qui peut modifier la qualité de votre jet ?

Une vessie trop remplie

  • Si vous buvez beaucoup, quelle qu’en soit la raison, vous avez des besoins fréquents. Dans une vie active, il n’y a pas beaucoup de place (ni de lieux !) pour aller aux toilettes, vous avez toujours «encore» une chose à faire, vous êtes en voiture, il n’y a pas de toilettes proches, etc… Bref, vous vous retenez.
  • Au début votre vessie, gentille, comprend les choses, elle apprend à ne pas trop se manifester….mais elle souffre en silence, elle se dilate, se distend, s’adapte. Plus le temps passe et que vous lui infligez ces mauvais traitements, plus sa taille grandit, sa paroi devient molle, elle perd sa capacité à avoir une bonne contraction pour se vider. Son système interne est faussé ! Quand vous consentez enfin à la soulager, elle manque d’énergie, n’a plus de puissance, le jet devient mou, lent, et vous avez la sensation qu’elle ne se vide pas.
    • Pensez à votre dernière échographie … Pensez à vos pipis du matin, bien copieux et si lents à se terminer et vous saurez de quoi je parle !
  • Petit conseil : buvez moins, videz plus souvent !
    • 1l5 par jour suffisent bien, tous liquides confondus, présentez-vous aux toilettes 5 à 6 fois par jour, attendez quelques secondes de plus que toutes les gouttes s’éliminent, et votre vessie, apaisée, vous le rendra ! Désormais apprenez à l’écouter…

Un début de descente d’organes (ou prolapsus)

Mécaniquement, la place anatomique de vos organes pelviens (vessie, utérus, rectum) se modifie, comprime un peu votre urètre, et gène l’émission d’urine. Cela vous parait aléatoire et ne pas se reproduire pour tous les pipis de la même façon : c’est normal, plus vous êtes fatiguée, debout, en fin de journée, à fortiori si vous êtes souvent constipée, plus votre gène est présente, à cause des compressions dans ces situations.

  • Petits conseils :

    • aux toilettes, assise, modifiez doucement l’inclinaison du buste et trouvez votre position pour vider sans pousser
    • n’attendez pas trop pour vider : plus une vessie est pleine, plus elle est lourde et plus elle est lourde, plus elle est basse, et ça devient difficile de la vider.
    • ne portez pas trop de charges lourdes
    • ne vous laissez pas constiper
    • ne faites pas trop d’abdominaux ni de sports d’impact (course, sauts…) ni de danses qui défoulent mais agressent vos muscles et vos ligaments (zumba, claquettes, danses folkoriques…)

Une anomalie urétrale

L’urètre, conduit qui va de la vessie à l’extérieur, est un organe souple et élastique, qui se distend et permet un débit correct pour évacuer les urines. Il peut être victime de cicatrices d’accouchement, d’infections spécifiques, d’inflammations, du manque d’œstrogènes, ou d’autres possibilités encore, notamment congénitales, ou propres à certaines maladies.

Les conséquences sont que l’urètre se « durcit », se fibrose, devient moins élastique. Il crée à ce moment un « obstacle » qui s’oppose à une miction harmonieuse. Vous ressentez que vous videz mal, le jet est ralenti, faire pipi dure longtemps, vous poussez.

Il faut consulter votre médecin, votre gynécologue, votre urologue, qui saura vous diriger et vous aider. Il y a ainsi beaucoup de pathologies invisibles, qu’il ne faut pas laisser trainer.

Côté Monsieur

Le problème n’est pas le même.

La dysurie est la plupart du temps liée à deux situations :

  • La prostate, qui physiologiquement est destinée à grossir en vieillissant, devient automatiquement un « obstacle » qui empêche le jet urinaire de sortir avec le débit «de sa jeunesse». La vessie est obligée de faire plus d’efforts pour se vider et pour franchir cet obstacle. Elle devient une «vessie de lutte» ; cela donne lieu à des besoins urinaires plus fréquents, un jet moins puissant, des pipis la nuit et parfois des infections urinaires du fait de résidus

Vous n’y pouvez rien !

Faites vous suivre par un urologue dès 50 ans, il surveillera la situation, observera l’évolution de votre prostate, fera contrôler votre taux de Psa (prostate specific antigen – marqueur du cancer-), prescrira des médicaments qui vous aideront et les explorations nécessaires.

  • Après une chirurgie prostatique, il peut arriver que des segments de l’urètre deviennent fibreux, ce qui lui fait perdre de son élasticité. On retrouve des difficultés à vider sa vessie.
  • Certaines maladies peuvent aussi entrainer une dysurie.

Vous n’y pouvez rien !

Parlez en à votre chirurgien. Seul lui pourra vous aider…

4 Commentaire

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Hélènerépondre
avril 08, 2017 at 02:04

Merci pour cette petite piqûre de rappel!!! A nous adultes de montrer l’exemple et d’apprendre à nos enfants ce que sont les bonnes habitudes! (ne pas se dépêcher de faire pipi même si c’est « avant de partir », s’asseoir sur la cuvette des wc à l’école quitte à l’essuyer au préalable et à la tapisser de papier hygiènique, prendre son temps…)
par contre… petite question: Et quand les médicaments s’en mêlent et qu’ils empêchent de sentir le besoin? (je pense par exemple aux hypotenseurs, ou aux décontractants musculaires..? on y va quand même (à intervalle régulier, environ toutes les 2h) on se détend et on attend?

Joelle Souffirrépondre
avril 08, 2017 at 06:04
– En réponse à: Hélène

Je vois que j’ai affaire à une pro… Effectivement, on va aux toilettes « à la montre » et selon un rythme qui dépend de ce qu’on boit (environ toutes les 2 à 3 heures est raisonnable), on se détend et effectivement ça peut prendre un peu de temps ! Il n’est pas interdit de lire sa BD …

lageois subrinirépondre
avril 08, 2017 at 07:04

Il est vrai qu’on est toujours pressé, ce geste apparaît trop souvent comme une perte de temps, on fait vite pour passer rapidement à autre chose de plus « intéressant »…surtout si on a la chance d’avoir une vessie qui résiste bien à la pression…merci de rappeler qu’il ne faut pas en abuser, et que c’est un réel plaisir qui, finalement, est très relaxant si on sait l’apprécier. Prenons le temps, et vivons cet instant comme il doit l’être ! Utile et agréable et nécessaire à notre bien-être ! Merci de le souligner. On l’oublie trop vite..

Joelle Souffirrépondre
avril 08, 2017 at 10:04
– En réponse à: lageois subrini

Grace à cela, nous allons devenir de grandes philosophes et nous donner le temps de prendre le temps 8 merci …

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